Pour que l’Eglise catholique change de regard et d’attitude à l’égard des personnes handicapées ayant une vocation et qu’elle les accepte dans ses communautés religieuses.

Pourquoi en est-on toujours là 2000 ans après le Christ ?
20 juin, 2009, 13:29
Classé dans : Non classé

Il va de soi, que ne pas accepter les handicapés ne correspond pas aux valeurs de l’évangile, n’est ni éthique, ni moral. Alors, pourquoi cela n’a jamais choqué personne, que rien n’a été fait pour remédier à la situation?

Je vais tenter de donner quelques réponses de ce que j’ai pu ressentir, mais je n’en détiens ni la vérité, ni l’exhaustivité.

 

1/ Plus que partout ailleurs, l’Eglise est sujette à ce que l’on peut appeler la pression du groupe.

Il est préférable de penser, d’agir comme l’ensemble du groupe. Emettre un avis, une idée qui bouscule, n’est pas forcément bien vu. Sinon, le délit de petit canard noir nous guette.

 

2/ Il ne faut pas oublier l’importance du vœu d’obéissance. Si un supérieur a décidé qu’il en serait ainsi, tout le monde s’aligne sur cette position. La décision n’est pas très évangélique, tant pis. La morale et l’éthique passeront après le vœu d’obéissance, qui est le ciment du groupe.

 

3/ Enfin, il y a la règle à respecter. Accueillir un handicapé supposera peut-être des aménagements à la règle, plus de souplesse. En effet, l’handicap nécessite parfois des aménagements de bon sens, qui là, feront obstacles.

Je prendrais pour exemple, la motivation du refus qui m’a été fait au Carmel du Havre.

Il m’a été dit qu’une aveugle, nécessitait de parler et donc, que cela paraissait difficile dans un lieu de silence.

 

Le bon sens supposerait de dire, que l’on parlera le plus discrètement possible. A priori, cela semble insurmontable, puisque cela a été l’objet de mon refus.

 

La règle qui devrait être là pour le service de la vie, prend ici le pas sur celle-ci, et ne supporte aucun aménagement.

Nous ne sommes pas loin de ce qui mettait le Christ en colère, quand les pharisiens reprochaient au Christ de guérir le jour du sabbat.

Il s’agit d’une application stricte de la règle, au mépris du bon sens, de la vie fraternelle et de la charité chrétienne.

Normalement, il faudrait se demander ce qui est agréable à Dieu, ce qui relève de l’amour de Dieu, bref, ce qui est bon, et faire primer la vie sur la règle. Mais c’est l’inverse qui se passe. Nous sommes là, en face d’un effet pervers d’une règle, qui est appliquée d’une manière rigide, et qui abouti au bout du compte à enfermer, rejeter et vider de leurs sens les valeurs évangéliques.

Qui osera dire dans une communauté, que ce n’est pas moral, que l’on fait là un mauvais usage de la règle?

Personne, car sinon c’est la zizanie, le risque de se faire mal voir, alors tant pis.

 

La règle dans une communauté devrait être l’éthique et la morale, mais hélas, c’est un vœu pieux…

 

4/ Il faut savoir, que le droit canon jusqu’en 1983  disait que l’handicap était incompatible avec une vie religieuse.

Aujourd’hui ce n’est plus le cas, mais les mentalités n’ont pas évoluées pour autant.

 

5/ Les handicapés eux-mêmes, n’ont jamais osé dire à l’Eglise que cette situation n’était pas normale.

Dire, que ce que l’Eglise vous propose ne convient pas (même si vous êtes dans le vrai), vous place dans une situation délicate. L’Eglise n’aime pas les gens qui ont un discours dissonant. Ce n’est pas dans sa culture et est le signe d’un caractère fort, peu enclin à l’obéissance. Très vite on vous fera comprendre, que si vous n’acceptez pas ce que l’on vous propose, c’est preuve que vous n’avez pas la vocation. C’est une pression psychologique qui oblige à avoir un profil bas, si on caresse l’espoir qu’Elle vous accueille.

Enfin, l’handicap nous positionnait en situation d’infériorité, souvent peu instruit, marginalisé dans la société, ce qui ne donne pas les outils psychologiques pour faire face à une institution séculaire influente.

 

Toutes ces raisons, misent les unes au bout des autres expliquent en partie, que 2000 ans après la venue du Christ l’Eglise en soit toujours à mettre les handicapés à part.

 

Point positif, il faut souligner que l’Eglise a beaucoup œuvré auprès des handicapés pour leur insertion sociale. Elle a ainsi influencé la société, et elle n’est certainement pas étrangère au fait,   que celle-ci commence à faire une place aux handicapés. 

Il est simplement dommage, qu’Elle ne se soit pas appliqué cette intégration à elle-même.

 

Quoi qu’il en soit, dans une société qui s’ouvre, espérons qu’Elle saura très vite prendre le train en marche et rattraper son retard, car dans ce domaine, sa place devrait être celle de la locomotive.


Un commentaire
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  1. Mélin

    Bonjour, j’ai lu avec intention un peu votre blog. Moi,même j’ai eu l’appel de Dieu, j’ai fais un cheminement de 7 ans pour m’entendre dire que mon handicap (perte d’équilibre et vertige parfois) me laissaient aucune chance de devenir religieuse.
    Même pour être Vierge Consacrée j’ai été refusée par l’évêque.
    Je ne sais plus où me tourner et j’avoue que depuis deux ans, j’en arrive à faire n’importe quoi. Je crois tomber amoureuse d’un homme, alors que mon coeur est tjs tourné vers Dieu.
    On pourrait se contacter si vous le désirez.

    Merci



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