Pour que l’Eglise catholique change de regard et d’attitude à l’égard des personnes handicapées ayant une vocation et qu’elle les accepte dans ses communautés religieuses.

La motivations des refus.
29 juin, 2009, 22:35
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Les vraies raisons qui poussent l’Eglise à écarter non seulement les personnes handicapées, mais aussi les personnes ayant une maladie méritent au préalable une explication de fond. Ce refus  s’enracine sur un état d’esprit de la vie religieuse totalement inconnu du public.

 

 La communauté est là pour l’extérieur et donc rien ne doit freiner celle-ci. Ma première directrice spirituelle argumentait le refus ainsi : «Une de nos Sœurs s’est cassée la jambe l’année dernière, il n’était pas question qu’elle reste dans la communauté et pour ne pas gêné elle a été faire sa convalescence en maison de repos ».

Voici la raison profonde qui justifie chez les religieux le non accueil de personnes pouvant être une gène, ensuite vient se greffer les peurs, les raisons pécuniaires… Bien sûr quand on se présente, on ne vous dit pas franchement que c’est directement votre maladie, votre handicap qui fait obstacle, alors on invoque toutes sortes de raisons. Mais la raison profonde est celle invoquée ci-dessus qui va beaucoup plus loin que le refus de quelqu’un ayant un problème de santé. Agir ainsi entre elles, ce n’est pas très fraternel déjà à la base pour des Sœurs me direz-vous.

Oui, mais c’est l’état d’esprit et de celui-ci découle tout le reste.

Pour que les choses changent,  il faudrait déjà que cet état d’esprit ne soit plus.

 

Après cette explication de fond, venons-en maintenant à mes démarches.

Suite à mon courriel, l’association voir ensemble a interpelé son aumônier émérite MGR Marcel Pérrier qui lui même a interrogé des communautés. Voici sa

réponse :

 

Les personnes ayant un handicap visuel ont leur place dans la vie contemplative. certains et certaines pourraient y être nos maitres. Cela est certain.

 

On me signale que certains monastères refusent des personnes vivant avec ce handicap. La raison du refus, lorsqu’il a lieu, est celle-ci : « ce n’est pas pour la communauté qu’il y a refus, mais pour la personne. Nous ne voyons pas comment une personne aveugle pourrait s’adapter aux locaux tels qu’ils sont, plusieurs fois centenaires), à la formation telle qu’elle est donnée, à la vie telle qu’elle se déroule. Une moniale, déjà formée, connaissant le monastère et devenant aveugle, c’est tout autre chose. L’adaptation se fera naturellement. » C’est la première raison qui m’ été donnée

 

Une autre réflexion m’ a été faite :  » Nous devons étudier la possibilité d’accueillir des novices aveugles ou portant un autre handicap, mais pour cela, il nous faut modifier nos couvents et former les formatrices de novices. C’est certainement une question et un projet d’avenir. Mais, les couvents ayant surtout des personnes âgées, ces adaptations ne sont pas faciles. »

 

On m’a signalé aussi, ce que je savais déjà un peu, l’existence de monastères adaptés à des personnes handicapées, hommes ou femmes. Existe la congrégation de « Jésus crucifié », congrégation bénédictine, associée aux moines et moniales de Subiacco, spécialement adaptée aux personnes handicapées. A Brou sur Chantereine se trouve un couvent de Bénédictines vivant avec des handicaps, y compris visuels. Cette congrégation a des communautés en France, aux Etats-Unis, au japon…

 

Pour plus de précisions, il est possible de s’adresser au Service des Moniales :E-mail : maumont.sdm @orange.fr…Abbaye Sainte  Marie de Maumont, 1619O

Juignac .   On pourra     toujours reprendre la question.     Bien cordialement avec vous.   Marcel Perrieret

 

Et voici ma réponse :

 

Je vous remercie d’avoir interpeller les communautés sur l’accueil des handicapés dans leur monastère.

 

Je constate, que comme moi, nous aboutissons au même résultat.

 

« Nous voudrions bien vous accueillir, mais nous ne pouvons pas pour les raisons x, y, z….

 

Mais nous connaissons un endroit très bien pour vous, la communauté pour handicapés x. »

 

C’est effectivement le type de réponse que l’on obtient.

 

Je vous invite à aller plus loin, en demandant cette fois à des monastères accessibles, vous verrez que d’autres motivations de refus vous seront faites portant sur d’autres points.

 

Demander également dans les congrégations apostoliques et le résultat sera le même.

 

Au bout d’un moment, vous comprendrez que ce qui paraissait en apparence compréhensible, le deviendra de moins en moins, au fur et à mesure que les raisons invoquées s’accumuleront.

 

Et petit à petit, vous comprendrez que le problème est ailleurs.

 

Il faut savoir, que le droit canon jusqu’en 1983disait que l’handicap était incompatible avec une vie religieuse.

 

Aujourd’hui ce n’est plus le cas, mais les mentalités n’ont pas évoluées pour autant.

 

90 % (et je suis sûrement en dessous de la réalité)des congrégations apostoliques refusent encore d’accueillir des handicapés, pour les monastères je n’avancerai pas de chiffre, disons que tout dépend des ordres. Certains sont plus ouverts que d’autres.

 

La visitation veut bien des aveugles, mais pas de sourds (le fondateur ayant dit que cet handicap n’était pas viable avec une vie communautaire)

 

- Les clarisses sont plus ouvertes (un monastère près de Lyon a eu deux sourdes jumelles et il paraît que c’était formidable, preuve, que la vie communautaire n’est pas impossible.) La supérieure de Nancy ne refuse pas d’avoir une aveugle.

 

- Le Carmel lui, est totalement fermé aux handicapés.

 

Il faut savoir une chose, c’est que pour être religieuse dans un monastère ou en vie apostolique il y a des critères. L’handicap est un critère qui vous exclus de prima bord. Il existe de rares exceptions comme je l’ai dit plus haut, mais c’est très minoritaire.

 

Ces critères ne sont pas connus du public, même les prêtres avec qui j’ai parlé ne sont pas au courant. Bien sûr ce n’est pas très avouable et les religieuses ne le diront jamais ouvertement, aussi il faut bien trouver des motivations pas trop nulles, pour dire non et orienter les handicapés vers des communautés qui leur soient réservées.

 

On m’a par exemple dit, que la formation d’une aveugle nécessitait de parler et que le monastère étant un lieu de silence cela paraissait impossible,

 

- Que je risquais d’être frustrée, car je ne pourrai faire les choses comme tout le monde (je tiens à signaler que dans un monastère, chacune à une tâche précise et qu’il suffit de me donner une tâche que je puisse faire)

 

- On m’a aussi dit, que c’est parce que j’étais différente…

 

- L’accessibilité bien sûr, mais ce qui est insurmontable à une personne en fauteuil ne l’est pas à un handicapé de la vue. Cependant pour quelqu’un de voyant tout devient impossible, du fait de la méconnaissance de l’handicap. Je me débrouille partout, même si comme tous le monde je préfère un endroit facile. Mais une fois que je connaîs les lieux cela ne pose plus de problème et je me déplace alors sans canne.

 

- Que je n’avais pas la vocation (sans me connaître)

 

- La motivation, concernant la nécessité de former la maîtresse des novices pour l’accueil d’handicapés est nouvelle. Si elle est intéressée je me tiens à sa disposition pour répondre à toutes les questions qu’elle pourrait se poser. Merci de lui transmettre ma proposition.

 

Vous trouverez les réponses sur mon blog des différents Carmels que j’ai contacté par courriel.

 

http://jocelynecrochet.unblog.fr/

 

L’Eglise ne nous rejette pas vraiment, elle nous met tout simplement à part, là où nous seront entre nous, mais nous accepter dans les communautés de valides alors là c’est une autre histoire.

 

Je vous encourage donc à continuer à poser des questions autour de vous afin d’avoir une idée encore plus fine de la situation.

 


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